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Le jour où l’Europe a misé tapis

Le 9 mai 2010 fera-t-il concurrence au 9 mai 1950 dans les livres d’histoire ? A soixante ans d’intervalle, le plan de sauvetage de l’euro annoncé dimanche dernier semble faire écho à la déclaration Schumann qui avait donné le coup d’envoi de la construction européenne.

Les mesures mises en place il y a quelques jours parent au plus pressé en décourageant les spéculations immédiates sur un défaut de paiement de la Grèce ou sur un éclatement de la zone euro : d’une part, les Etats en difficulté se voient attribuer auprès de l’Europe une possibilité de « découvert » de 750 milliards ; d’autre part, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle était prête, si nécessaire, à acheter sur le marché les titres de dette émis par ces Etats.

Plus encore que les 750 milliards, qui correspondent à un droit de tirage virtuel, cette déclaration a été déterminante. Elle signifie que la Banque centrale est disposée à faire fonctionner indirectement la planche à billets pour fournir autant d’euros qu’il en faudra.

C’est un message fort envoyé aux fonds spéculateurs qui « encerclaient » la Grèce et l’Espagne depuis plusieurs semaines : les assiégés ont 750 milliards de cartouches en réserve et, de toute façon, s’ils étaient à court de munitions, la cavalerie de la Banque centrale chargera pour prendre tout le monde à revers.

Les spéculateurs ne s’y sont pas trompé et ont desserré, jusqu’à la prochaine fois, leur étreinte : comment jouer contre un adversaire qui a une capacité indéfinie à se recaver ?

Après cette réaffirmation de la volonté européenne, les phrases célèbres de la déclaration Schumann sont plus que jamais d’actualité. « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait ». Les traités (la « construction d’ensemble ») interdisaient les déficits excessifs et ne prévoyaient aucune aide financière entre les Etats membres de l’Eurogroupe. La « solidarité de fait » créée par l’euro en a décidé autrement, jouant ce rôle d’engrenage au cœur de toute la construction européenne.

Evidemment, les pères fondateurs avaient plutôt en tête une solidarité de producteurs. Leurs fils prodigues découvrent au détour d’une crise la solidarité des débiteurs. Mais c’est peut-être ainsi que l’Europe progresse : l’histoire, c’est bien connu, n’est pas regardante sur les moyens.

Au total, la BCE et les Etats membres ont pris chacun de leur côté leurs responsabilités pour enrayer la spéculation dans l’immédiat. Les mesures adoptées étaient nécessaires – c’est leur meilleure justification. Elles sont loin d’être suffisantes.

Car les deux questions posées par les marchés restent entières : les pays où la récession est la plus forte pourront-ils rester dans le carcan de l’euro (même si la dépréciation de celui-ci, conséquence immédiate des décisions du week-end dernier, va leur faciliter les choses) ? et pourront-ils rembourser leurs dettes ?

En d’autres termes, l’euro a été sauvé par Jean-Claude Trichet (avec un « t »). Mais l’Europe économique (avec un grand « E ») doit encore faire ses preuves.

Comme en 2007 et en 2008, la crise financière n’est que le symptôme et l’annonce des difficultés économiques. Celles-ci ne disparaîtront pas parce que l’Europe se porte garante de la solvabilité des Etats, pas plus qu’elles n’ont disparu lorsque les Etats se sont portés garants des banques. Les gouvernements européens doivent maintenant attaquer ces difficultés à la racine s’ils veulent que le pari qu’ils ont fait, ce formidable pari européen, soit gagnant. Il faudra pour cela relever plusieurs défis.

Le premier est politique. La cure d’austérité qui s’annonce sera difficile. Elle impose d’emblée aux gouvernements européens trois impératifs en forme de commandement.

Premièrement, mettre en place au niveau de l’Eurogroupe un gouvernement économique à la mesure de la solidarité de fait qui s’est établie entre ses membres. Deuxièmement, faire de la justice sociale une priorité et lutter énergiquement contre la misère. Troisièmement et surtout, ne pas céder au populisme, qui n’aura que trop de facilités à se développer sur fond de difficultés économiques. Ne pas dénoncer les marchés comme les responsables de la crise, car cela enracine l’idée qu’il n’y a pas de raison de payer pour les errances de la finance internationale – alors qu’il s’agit simplement pour chaque Etat européen de ne pas dépenser plus qu’il ne gagne. Ne pas céder aux sirènes de l’ultra-gauche ou de l’étatisme jacobin, toujours prompts à voir dans une crise économique, non pas un phénomène normal de rééquilibrage, mais une « faillite » du marché. Ne pas non plus agiter de faux-débats, ne pas chercher de boucs émissaires, ne pas réveiller les spectres de l’intolérance et de l’extrême-droite. Le climat actuel fournit malheureusement un terreau propice à un mélange délétère et stérile d’étatisme et de populisme.

L’Europe n’est pas contrainte de répéter les erreurs des années 1930. La dépréciation de l’euro l’aidera, et la construction européenne fournit un cadre extraordinaire pour construire une politique coopérative entre les Etats.

Face à ce défi politique, celui de la réduction des déficits peut sembler plus technique. Mais c’est au fond le même, exprimé en termes différents. D’une manière ou d’une autre, les Etats européens – la France en tête – devront effacer leur déficit structurel. C’est du reste maintenant une question de démocratie et d’équité, à partir du moment où les membres de l’Eurogroupe sont financièrement solidaires d’un bout à l’autre du continent : l’Europe ne peut pas être un champ de batailles d’égoïsmes où chacun se dépêche de dépenser plus que les autres sous l’arbitrage lointain de fonctionnaires plus ou moins informés.

Les déclarations symboliques ne suffiront pas, qu’elles portent sur le gel des dépenses, la réforme structurelle des retraites (qui certes réduit les déficits à long terme, mais pas aujourd’hui) ou la suppression des niches fiscales (commençons par la TVA à 5,5% dans la restauration, qui est le type de même de mesure catégorielle que la France ne peut pas s’offrir dans les circonstances actuelles !). En fait, tant que les Etats européens se contenteront d’annoncer des mesures de rigueur symboliques sans fournir de scénario crédible de retour à l’équilibre à court terme, ils inquiéteront encore plus les acteurs économiques et retarderont la reprise, en donnant le sentiment que l’Europe est engluée dans une période d’austérité indéfinie.

Deux dilemmes pointent déjà dans ce retour à l’équilibre, qui sont précisément les deux questions au cœur de la récente crise financière. L’Europe peut-elle éviter la mise en défaut de paiement de certains Etats ? Le danger est évidemment de renchérir immédiatement le coût de toutes les dettes publiques (y compris celle de la France qui peut voir ses charges d’intérêt s’envoler). Mais une restructuration de la dette n’est pas illégitime - et ses effets peuvent être limités - si elle s’accompagne d’efforts réels et mesurables du débiteur. La question devra être posée, avec pragmatisme, et à condition que les pays qui en bénéficient mettent en face un plan crédible de redressement immédiat.

Autre question en forme de dilemme : la zone euro peut-elle être maintenue dans sa dimension et avec ses règles actuelles ? Il est déjà évident que la zone euro n’est pas près de coïncider avec l’Union européenne dans son ensemble – car à la lumière des difficultés présentes, les gouvernements perçoivent mieux les conséquences politiques de ce qui leur semblait un simple discours économique sur les zones monétaires optimales. Seul l’avenir dira si les membres de l’Eurogroupe les plus en difficulté peuvent se contenter de la dépréciation de la devise européenne, ou si la zone euro doit évoluer plus profondément, en remettant en cause partiellement l’objectif unique de stabilité des prix assigné à la BCE. La question n’est pas anodine : elle détermine tout simplement la capacité de certains Etats à rester dans l’euro.

Tout dépendra en définitive de la vigueur de la reprise économique – et c’est là le dernier défi, le plus déterminant. Seule la croissance facilitera à l’Europe la résorption de ses déficits. Il est donc temps de s’interroger sur les causes qui limitent la progression des grandes économies européennes à un peu plus de 1% par an depuis vingt ans et de mener une véritable politique de croissance.

Une politique de croissance ! pas une politique de dépenses ! Les pays européens sont perdus s’ils continuent à confondre les deux. Dans les circonstances actuelles, la dépense publique ne peut pas être un moteur de relance. Elle n’aboutit qu’à asphyxier davantage le secteur privé et à étouffer les investissements. La politique de croissance que devront mettre en place les Etats européens est tout autre. Elle passe par l’innovation, la transparence démocratique, le développement de la concurrence, l’éducation et la recherche, la réduction des dépenses publiques (qui n’est pas incompatible avec le développement de la recherche, comme le montrent les puissances extra-europénnes), l’allègement de la fiscalité, la rupture avec un néo-malthusianisme qui s’incarne à la fois dans un conservatisme étouffant, dans la peur de l’immigration et dans une vulgate écologique mal comprise, l’ouverture aux étrangers (et non la stigmatisation des ethnies « allogènes » de l’Europe), et bien sûr la remise à plat de la politique monétaire (y compris la définition de la zone euro).

Les soubresauts des marchés traduisent au fond cette interrogation unique : les pays européens peuvent-ils infléchir leurs économies de dépenses vers un modèle d’économie de croissance ? Les instances européennes se sont portées garantes de la réponse. Mais ce sont les Etats membres, et la France au premier chef, qui devront faire réussir ce pari.

V. Naon

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un nouveau rôle pour la BCE ?

On n’a pas fini de tirer les conséquences de la nouvelle donne issu de ce baptême du feu de la BCE, ni d’en analyser les paradoxes. Elle consacre, d’abord, le rôle essentiel de la Banque centrale au sein des Institutions européennes. Jean-Claude Trichet a raison de dire que celle-ci est intervenue de manière indépendante. Indépendance ne signifie pas indifférence : il était normal et même prévisible que la Banque centrale arbitre en faveur des Etats le combat les opposant aux spéculateurs. Après tout, que serait l’Institut d’émission de l’euro sans zone euro ?

Mais dire que la Banque centrale est intervenue de manière indépendante, c’est aussi reconnaître qu’elle aurait pu ne pas intervenir, ou intervenir différemment, moins fort ou plus tard. Leçon de la crise : il est important de « parler la même langue » que le directeur de la BCE, et les discussions sur la succession de M. Trichet seront serrées.

Que penser des moyens employés ? La BCE n’avait pas d’autre choix que de sortir « l’arme nucléaire ». Elle l’a fait dans le respect de ses statuts : l’article 21 lui interdit d’acquérir directement les instruments de dette des Etats membres, mais elle a le droit de les acheter sur le marché.

La décision n’a probablement pas été facile à prendre : elle met implicitement en place un (nouveau) plan de renflouement des banques, qui peuvent se défaire sur la BCE des dettes qu’elles détiennent sur la Grèce, l’Espagne ou le Portugal (à hauteur de 160 milliards selon les premières estimations, ce qui reste relativement modéré). Mais surtout, elle risque de ressusciter la planche à billets et donc l’inflation, ce qui pour le coup serait contraire à l’ « objectif principal » assigné au Système européen de banques centrales.

En fait, en acceptant de monétiser indirectement la dette des Etats, la BCE n’est pas loin de se comporter comme un mineur qui dirait que la loi lui défend d’acheter de l’alcool, mais pas d’en consommer. Au fond, il serait malsain que son actif se charge indéfiniment de dettes publiques émises par les Etats. Le procédé devra donc rester exceptionnel.
Toute plaisanterie mise à part, il y a là un aveu de démission : en clair, nos dirigeants estiment impossible le retour à l’équilibre des comptes dans un avenir proche. De leur point de vue, le traitement des finances publiques françaises relève déjà des soins palliatifs.

Sur le fond, on a du mal à prendre au sérieux la nouvelle règle constitutionnelle : les Gouvernements futurs (pas celui-ci) devraient certes s’engager sur une programmation de leurs dépenses, mais ils n’auraient aucune obligation de prévoir un retour à l’équilibre au cours de leur mandat (même en cinq ans !) et, bien sûr, ils pourraient à tout moment modifier cette programmation dès lors qu’ils y mettraient les formes.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs annoncé une autre retouche à notre droit budgétaire : dorénavant, les dispositions fiscales (notamment les allégements d’impôt) ne pourront être décidées que par des lois de finances.

Cela veut-il dire que l’on créera moins de niches fiscales à l’avenir ? Peut-être et peut-être pas. En fait, on pourra continuer à en créer autant qu’avant, mais il faudra le faire dans des lois de finances (dont le nombre n’est pas limité). Donc la procédure sera un peu plus compliquée. Bref, c’est un peu comme lorsqu’on cache le pot de chocolat dans un placard pour en manger moins. Cela ne remplace pas la volonté.

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Au total, il y a peu de chances pour que cette réforme constitutionnelle introduise un peu de sérieux dans nos finances publiques. Ce n’est d’ailleurs pas le but de ces annonces : si Nicolas Sarkozy croyait à une quelconque « règle d’or », il l’aurait introduite dans la réforme de 2008, qui a retouché notre texte constitutionnel sur plus de 25 points.

Il aurait aussi montré plus de rigueur dans sa gestion passée des finances publiques, que ce soit de 1993 à 1995, comme ministre du Budget, ou dans ses fonctions de Président de la République depuis 2007.

La dégradation des finances publiques de la France ne date en effet pas de la crise, elle était sensible dès l’an I du quinquennat Sarkozy : alors qu’en 2007, les pays de la zone euro profitaient du haut de cycle pour ramener leur déficit budgétaire de 1,3% à 0,6% du PIB, la France a augmenté le sien de 2,3% à 2,7%. L’écart de la France par rapport à la situation moyenne a ainsi doublé en 2007, passant de 1% à 2,1% du PIB.

Comme l’écrit M. Joël Bourdin, sénateur UMP, dans un rapport daté du 25 février 2010 (n°335) : « au sortir de 2007, le solde budgétaire de la France apparaissait dégradé par rapport en 2006 contrastant en cela avec les évolutions généralement observées en Europe… Hormis la Grèce, la France y était le pays le plus déficitaire » de la zone euro.

En termes moins sénatoriaux, la France a foncé pied au plancher dans le brouillard de la récession qui s’annonçait. La crise de 2008 a ensuite permis d’éliminer tous les repères en autorisant des déficits inégalés au nom de la relance.

Les données d’Eurostat (l’organisme européen chargé de chiffrer les déficits publics) sont sans appel. Du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2010, la dette de la France aura augmenté de 480 milliards environ. En quatre ans, c’est autant que pendant les douze années de mandat de Jacques Chirac, souvent présenté par son successeur comme un politique dangereusement laxiste et dépensier.

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A défaut de permettre un redressement des comptes, quelles peuvent être les motivations de la réforme constitutionnelle telle qu’elle est annoncée ?

Il y a peut-être, chez l’actuel président de la République, la volonté de compliquer un peu la tâche de ses successeurs, en leur interdisant les déficits qu’il s’est autorisé. Tant mieux : le pire serait effectivement qu’ils l’imitent.

Il y avait aussi le besoin d’envoyer un signe aux marchés et à l’Allemagne, pour leur montrer que la France entend se préoccuper un peu de ses finances publiques. Vis-à-vis de l’Allemagne, cette stratégie a déjà échoué. Notre premier partenaire n’est pas dupe : il voit bien que ces annonces sont une manière d’esquiver le problème au lieu de l’affronter.

Les journaux français dénoncent souvent l’attitude « égoïste » de l’Allemagne. Mais l’Allemagne a voté le plan d’aide à la Grèce et elle attend maintenant des contreparties : de son point de vue, ce sont les Français qui ne sont pas coopératifs en se contentant d’annoncer des économies pour se dispenser de les réaliser.

Il y a enfin, dans cette réforme constitutionnelle, la volonté de tendre un piège au parti socialiste, en montrant que son programme n’est pas finançable.

On imagine déjà le dialogue surréaliste auquel le président de la République se prépare pour l’entre-deux-tours. Nicolas Sarkozy (l’air grave et indigné) : « Mme Aubry, il n’est pas possible de voter pour vous car votre trajectoire de déficit est moins bonne que la mienne. Avec mon programme, la France pourra revenir à l’équilibre budgétaire en 2018, tandis qu’avec vous, il faudrait attendre 2025 ! ». - Mme Aubry (qui s’attendait à cette embuscade et a déjà sa riposte toute prête) : « Non, M. Sarkozy, car ma trajectoire de croissance est meilleure que la vôtre, grâce à une lutte plus efficace contre le chômage et les autres injustices sociales que vous avez laissé perdurer ».

Heureusement, ce dialogue n’aura jamais lieu. D’abord parce qu’il faudrait que les protagonistes atteignent le second tour (les élections ne sont jamais faites à l’avance et c’est tant mieux). Ensuite parce qu’il est probable que les marchés auront sifflé la fin de la récréation avant.

En mettant la France en face de ses responsabilités, l’Allemagne nous donne aujourd’hui un coup de semonce. C’est là aussi une bonne et une mauvaise nouvelle : d’une manière ou d’une autre, la France va devoir remettre de l’ordre dans ses comptes publics.

V. Naon

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1 Responses »

  1. Brillante analyse a laquelle j'adhère pleinement mais n'y a t il pas une différence fondamentale avec la situation d'il y a 60 ans où l'Europe sortait d'une épreuve terrible, où tout était à reconstruire. N' y avait-il pas une obligation, presque physique, de ne pas refaire les erreurs du passé, tant dans l'opinion comme chez les grands politiques, la guerre rodait encore dans les esprits ?
    Nos politiques nous ont habitué depuis tant d'années (dans tous les pays... sauf l'Allemagne) à tellement de fausses promesses, et à s'approprier les bonnes nouvelles en se défaussant des mauvaises sur l'Europe. Peuvent-ils faire preuve de dépassement et de sens de l'intérêt collectif à long terme ? Ont il suffisament conscience de la gravité de la situation... et tout simplement une conscience?
    Certes, lors de la Chute du Communisme, on a vu des gouvernements, notamment en Pologne, adopter des mesures difficiles, acceptant de perdre inévitablement des élections à court terme, pour sauver leur pays.
    Est ce réellement le cas aujourd'hui ? Les politiques ne sont ils pas devenus comme les traders dont l'horizon de temps n'est plus que la journée (... les prochaines élections), avec pour unité de mesure la nanoseconde (le prochain journal télévisé)

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